Utilisation ancestrale de la nacre

La nacre, utilisée par l’homme depuis la nuit des temps

La nacre est utilisée par l’homme depuis la nuit des temps (fin du Paléolithique).
Les premiers peuples étaient fascinés par la beauté de ses reflets irisés, provenant du spectre de la lumière. Ils l’utilisaient surtout comme pierre ornementale, pour la fabrication de bijoux : les coquillages étaient percés et enfilés. Du fait de sa résistance exceptionnelle, la nacre était aussi utilisée pour fabriquer des outils, des récipients, ou même des monnaies d’échange. Des outils et des bijoux en nacre ont par exemple été retrouvés parmi les trésors de la royauté sumérienne de Mésopotamie (3000 ans avant JC).

Certains peuples l’ont utilisée très tôt, soit lors de rites ou de cérémonies, soit à des fins thérapeutiques ou cosmétiques : les mayas par exemple (500 avant JC) remplaçaient les dents absentes par des fragments de coquilles sculptées lors de rites funéraires, et les Aztèques (1200 après JC) pour réparer la peau brûlée par le soleil. Il y a 2000 ans en Chine, on confectionnait des sirops avec de la poudre de nacre pour soigner les bébés, et les impératrices chinoises de la Dynastie Qing (dès 1644) l’utilisaient pure sur la peau, pour retrouver de l’éclat, ou en onguent sur le visage pour atténuer ou lisser leurs rides.

Le trésor caché, symbolique attribuée à la nacre

On ne sait pas à quand remonte la symbolique attribuée à la nacre, mais celle-ci est très poétique : le trésor caché.

A partir du Moyen-Âge, la nacre revêt une symbolique religieuse chez les chrétiens, associée à la Vierge Marie pour sa pureté et sa blancheur.
Certains grands coquillages comme le Tridacna gigas, servaient et servent encore, à recueillir l’eau bénite lors des cérémonies du baptême dans la religion catholique, d’où leur nom de bénitier. Selon certains, l’eau bénite semblait plus douce et plus laiteuse sur le fond nacré du bénitier. On peut trouver de magnifiques bénitiers dans certaines églises, comme celui de l’église Saint-Sulpice, à Paris. Dans les îles Salomon (Archipel d’Océanie), le bénitier géant était l’exemple parfait du coquillage qui représente la fortune. Chez les indiens Yaquis du Mexique (dès le XVIème siècle), les coquillages portés en colliers avaient une fonction spirituelle : ils protégeaient contre les forces du mal. Dans l’hindouisme, la conque Panchajanya était l’un des attributs du dieu Vishnou : elle représentait la création du monde, de l’Océan Primordial. Dans le bouddhisme, la conque était apparentée à la voix et à l’enseignement de Buddha.
La nacre a connu ses heures de gloire après qu’Elisabeth 1ère, Reine d’Angleterre, l’ait baptisée Mother of Pearl en faisant référence au processus de création des perles, et en lui prêtant une symbolique maternelle. Sa majesté avait une passion pour les perles, et utilisa la nacre pour la création d’objets d’art précieux et de bijoux d’exception.

De nos jours, la nacre est très utilisée par l’horlogerie et la joaillerie de luxe en tant que pierre semi-précieuse. La nacre symbolise l’amour protecteur maternel, et la douceur féminine. On lui confère aussi le don d’apporter sécurité et bien-être. On l’offre pour le 42ème anniversaire de mariage : les noces de nacre.